kanoe
Vive le cyrillique
Le 28/12/2011
Comme je ne comprends rien de ce qui est écrit, je vis dans un monde sans pub, sans slogans, sans titres accrocheurs, sans messages commerciaux; bref je suis hermétique à la pub. Ca libère l'esprit.
Je suis aussi complètement perdue, paradoxalement à un point bien plus vertigineux qu'à d'autres endroits beaucoup plus dépaysants encore, mais qui utilisent un alphabet familier. De l'importance impalpable de l'écriture...
La ville est extradordinaire, monumentale, hétéroclite. Le plus renversant, c'est les échelles : tout paraît colossal, un immeuble prend des mesures de cité, et l'avenue d'à côté se donne des airs de périf parisien, sans feux, intraversable. Et puis passé le coin, on se trouve dans un ravissant petit parc enneigé sorti tout droit d'un roman classique, ou bien dans un décor de science fiction à scénario catastrophe. La ville est posée là, colossale et immuable, et emplie d'une vie qui fuse en flux tendu. Elle est à la fois classique et charmante, écrasante et étourdissante, belle et éblouissante, et moderne et cozy. On n'est pas mal, quoi.
Mais c'est pas en quelques jours que je vais en avoir fait le tour...
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Mon premier Russe
Le 18/12/2011
Il était exactement comme je l’imaginais, grand, blanc et carré, et qui serait certainement blond s’il avait des cheveux. Il se tenait inexplicablement au milieu du décor acidulé du « coffee time bar » à la sortie n°1 de l’aéroport, un tatouage dépassant sur son gros bras de son tshirt vert pomme au logo festif.
Je m’approche pour m’installer et boire quelque chose, et m’adresse à lui comme je peux. Il s’arrête pour me dévisager, bourru, l’air un peu perdu (mais qu’est-ce qu’elle veut celle-là ?).
Moi, je pense : vous êtes derrière un bar avec un gros logo sur votre tshirt, à priori je vais vous demander de me vendre un truc. Je dis : est-ce que je peux m’asseoir là-bas ?
Il veut bien. C’est déjà ça. Mais il ne prendra pas d’euros, donc je dois tout re-transporter pour aller chercher de l’argent russe. Le change, il me l’indique avec plaisir ; ça fait chaud au cœur.
Je reviens, il remarque ma présence comme on fait quand une mouche traverse la pièce et retourne à son remplissage de frigo.
Sa collègue accepte de me vendre un jus de pomme, et me confirme dans le sentiment que « hi » ne sera pas un des mots clés de mon séjour.
Je m’assieds et commence à écrire…
:)
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ça y est, c'est une tradition!
Le 20/07/2011
Cette fois sur les 5 vols, un est parti avec 4 heures de retard et un autre avec 1 heure d'avance - et oui, ça arrive. Tout ça mixé avec une confusion dans les fuseaux horaires et les heures d'été, et ça a été épique.
A Copenhague, après 2 jours de voyage, ma valise en a donc eu marre et a décidé de prendre l'avion toute seule et de rentrer sans moi. Mal lui en a pris, elle s'est perdue.
Tant pis pour elle, moi je rentre...
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Les plaisirs du grand large
Le 18/07/2011
Hier, promenade en bateau : traversée de champ d’icebergs, douche de gouaneau, pêche aux glaçons, panne.
Alex et OJ devaient partir 2 jours pour pêcher au nord mais le vent étant trop fort et le temps trop mauvais, ils ont remis à plus tard. Donc à la place on est allés étrenner le nouveau moteur du bateau d’OJ.
Début magnifique, tranquille, à mi-puissance pour donner au moteur le temps de s’échauffer. On a contourné les deux gros icebergs à l’entrée du port et pris la direction de Nussuaq, une gigantesque falaise brune de roche nue qui tombe à pic dans la mer. On l’a longée à ras la côte vers l’est, en passant devant Qilakitsoq (là d’où viennent les momies) et toutes les autres petites plateformes herbées qui servent – ou ont servi – de refuge aux chasseurs. La falaise est souvent brutalement interrompue par des vallées raides, par lesquelles a dû autrefois s’écouler le glacier, et devant lesquelles s’étalent maintenant de gigantesques éventails de sables gris, qui donnent parfois naissance à une plage au bord de l’eau. On aperçoit parfois quelques fleurs, ou exceptionnellement au fond d’une crique sableuse un parterre de Niviarsiat, de ravissantes petites fleurs violettes qui portent le titre de « fleur nationale du Groenland ».
Ensuite on a quitté la côte pour s’enfoncer dans le fjord en longeant Ikerasak par le sud. (L’idée était d’aller voir Uummanatsuaq, notre destination officielle, mais le moteur avait encore besoin de tourner). On est passés candidement sous une nuée de petits oiseaux qui s’envolaient. Apparemment dans le coin ils font ça au décollage, parce qu’on s’est pris une véritable douche. On a même dû en manger un peu, parce que c’était exactement de la couleur du fromage de chèvre qu’on avait dans la main à ce moment-là, et on n’a pas compris tout de suite d’où venait la déflagration qui s’était abattue sur le bateau.
C’est bon pour le système immunitaire, comme on dit…
Bref, l’air de rien, on s’est très vite retrouvés au milieu d’un troupeau d’icebergs.
Vous connaissez ce sentiment désagréable de traverser un champ de mines ? Accordé, les icebergs sont visibles, donc facilement détectables, mais on ne sait jamais lequel va décider de céder ou de se retourner, et il n’a pas toujours la place de vraiment garder ses distances…
Bref on est passés, et on a eu la chance de voir une « cascade d’iceberg » (ça c’est la classe. Ca n’a pas vraiment de nom donc je me permets d’en inventer un…). Le sommet avait probablement fondu au soleil et constitué une sorte de « lac sur-glace ». Avec l’inclinaison de l’iceberg, ou peut-être un morceau qui aurait cassé sur le côté, l’eau s’est déversée devant nous en cascade jusque dans la mer. On a fait demi-tour pour en voir plus, mais c’était déjà fini. Et c’était magnifique.
Ensuite on a contourné l’île et revu Ikerasak, et puis on a pris la direction de la maison. On avait espéré trouver des petits poissons à choper à l’épuisette , mais il n’y en avait pas; alors à la place on a pêché des bouts de glace (ceux qui se forment quand un pan d’iceberg se détache et se fracasse sur l’eau). On en a fait de la bonne eau potable non-polluée pour le dîner et pour les jours à venir.
Il était temps qu’on rentre, parce que le moteur a commencé à partir en vrille, et la barre ne fonctionnait plus que dans un sens et occasionnellement. Il a fallu pousser et tirer le moteur à la force des bras pour orienter le gouvernail qui est en dessous – et pour ce faire j’ai laissé les « hommes » se fatiguer et je me suis courageusement chargée de constater la progression du bateau – et on est rentrés sains et saufs avec pleins de bons glaçons dans un baquet.
Et puis aujourd'hui on est allés se promener avec Alex et Lis, on a observé un match de foot en contre-bas depuis un promontoire rocheux, on a trouvé un vieux "tent ring" de pierres, on a ramassé des champignons pour le dîner et on a fait une pause dans l'herbe pour regarder les icebergs.
Bonne dernière journée...
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The queen has come and gone
Le 16/07/2011
(et qu´on a joué pour la reine.)
Cf liens suivants :
http://www.dr.dk/nu/nyheder#/od/tv-avisen-1830/13263
http://nyhederne.tv2.dk/video/?menu
Tout va bien, c´est d´un coup très calme ici. Je devrais décoller lundi aux aurores et être de retour sur Paris mardi soir.
des ptx à tous!
J
Ps : ai aussi vu un iceberg se briser et un autre se retourner. :)
Ca va me faire le mois.
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